Wednesday, 28 June 2017

  1. Discours sur la faculté de comparaison.

Dans le discours 25 du Likoutei Moharan, Rav Na'hman de Breslev déclare : "On ne l'appellera plus penchant au mal, mais simplement faculté de comparaison". Pour comprendre la nécessité de rebaptiser de cette manière le penchant au mal, il nous faut définir tout d'abord ce qu'est la faculté de comparaison. Ce terme est employé dans la philosophie médiévale, entre autre par Maïmonide1, qui la définie comme la faculté qui se souvient des impressions des sens, les associe et les dissocie. Cette notion est empruntée à Aristote2, avec quelques nuances. Il semble cependant d'accord avec Aristote sur le fait que la fonction de la faculté de comparaison est de collecter les impressions des sens, qui sont conservées dans la mémoire pour être rappelées ultérieurement et associées (ou dissociées) fournissant la matière brute de l'imagination. Pour ces penseurs cette faculté n'est pas l'apanage de l'homme, mais pour la raison même qu'elle se retrouve chez les animaux, ils en limitent la fonction à la production "automatique" de chimères par association et dissociation de souvenirs sensitifs. Elle n'intervient dans la pensée rationnelle que d'une manière subalterne, et son interaction avec la raison est au détriment de cette dernière. Pour ces penseurs la raison humaine n'est pas le produit de la faculté de comparaison, mais du pur intellect. (à suivre)

1 Chemoneh perakim, et guide des égarés deuxième partie, 36

2 Physique humaine, sur l’âme.