Sunday, 9 July 2017

Faculté de comparaison (suite)

Le kabbaliste Rabbi 'Haïm Vital1 un disciple majeur du Ari2 élabore sur le sujet3 : "l’âme animale … se divise en deux facultés externe et interne, l'externe se subdivise en deux facultés la perception et le mouvement, la perception se divise en cinq sens qui la constituent, la faculté interne se subdivise en deux qui sont la faculté de comparaison et la motivation, la faculté de comparaison se divise en deux : la compréhension et la mémoire … tous les cinq sens proviennent du cerveau lui-même où est située leur origine … et tous sont appelés extériorité car ils sont tangibles et matériels, car ils captent un stimulus effectif, mais l'intérieur appelé "faculté de comparaison" qui est situé dans le cerveau lui-même et y produit l'impression que que cette sensation se situe réellement dans le cerveau et lui donne forme... un autre pouvoir de la faculté de comparaison est de se représenter les choses autrement qu'elles ne sont en réalité, ce qui est exclu en ce qui concerne la sensibilité externe, d'autre par la faculté de comparaison ne peut représenter que des choses matérielles pas des formes spirituels appelés essence et âme... ".
Dans la pensée médiévale la faculté de comparaison est donc une manifestation de l’âme animale et de se fait ne peut pas appréhender des notions abstraites comme la spiritualité, mais peut seulement donner forme aux informations sensorielles et les enregistrer, pour les utiliser ou les transformer. La pensée rationnelle abstraite est l'apanage de l'être humain, de part son âme "parlante"4, une entité spirituelle responsable non seulement de la réflexion sur des sujets abstraits, et de la découverte de la réalité à travers les sciences de la nature, mais également des innovations technologiques et de la pratique des arts et métiers. Seule l’âme parlante est capable de raison, c'est-à-dire de distinguer le vrai du faux, et possède par la même un vrai libre-arbitre la faculté de comparaison ne peut que vouloir et désirer les choses en fonction des critères du "bien et du mal", c'est-à-dire de l'utile et de l'agréable. l’âme parlante est toutefois incapable de créer par elle même des représentations de la matière, et doit pour ce faire recourir à l'imagination issue de la faculté de comparaison. Il semblerait que la Kabalah est reprise à son compte de nombreuses notions aristotéliciennes que l'on retrouve déja dans le "guide des égarés".(à suivre)

1 Safed 1543, Damas 1620
2 Initiales de Achkenazi Rabbi Isaac : Rabbi Isaac Louria Jérusalem 1534, Safed 1572
3 Ets 'Haïm 7ème Palais 10ème Porte chapitre 10 : Le vivant...

4 ibidem

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